La mémoire comme engagement : un échange entre histoire, philosophie et transmission

La mémoire n’est pas tournée vers le passé. Elle est un engagement pour l’avenir. C’est l’idée forte au cœur d’un épisode de « FJF Philanthropie » diffusé le 25 décembre 2025 sur RCJ 94.8. Véronique Helft-Malz et Perrine Simon-Nahum y reçoivent David Storper, Président du Collectif Histoire et Mémoire, et Dan Arbib, philosophe spécialiste notamment d’Emmanuel Levinas, pour un échange rare entre histoire, philosophie et transmission au service de l’avenir.

Portrait des invités : histoire et philosophie au service de la mémoire

Trois regards, trois disciplines, une même conviction : la mémoire n’est pas une archive, c’est une force vivante.

Perrine Simon-Nahum est historienne et directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de l’histoire du judaïsme, de la philosophie de l’histoire et de la théorie politique, elle apporte à cet échange l’exigence de l’historienne, celle qui sait que les faits du passé ne parlent jamais seuls, qu’ils demandent à être interprétés, contextualisés, mis en dialogue avec le présent. Sa présence comme co-animatrice dit quelque chose d’essentiel : cet épisode est une conversation intellectuelle, pas une commémoration.

David Storper, Président du Collectif Histoire et Mémoire, incarne quant à lui la dimension associative et militante de la réflexion mémorielle. Ce que son engagement représente : la conviction que la mémoire a besoin d’acteurs de personnes qui se lèvent, qui organisent, qui transmettent concrètement.

Dan Arbib, philosophe spécialiste du XVIIe siècle et traducteur français, apporte la troisième dimension de cet échange : celle de la pensée abstraite mise au service du réel. Qu’est-ce que la mémoire ? Qu’est-ce que transmettre ? Qu’est-ce qu’un engagement pour l’avenir ? Ces questions méritent d’être posées philosophiquement et Dan Arbib est là pour le faire.

Transmission et identité : ce que dit l’épisode

L’échange entre Véronique Helft-Malz, Perrine Simon-Nahum, David Storper et Dan Arbib part d’une question qui touche à l’essentiel: 

Comment transmet-on ce qui nous constitue?

Ce n’est pas une question abstraite. Elle se pose dans les familles, dans les écoles, dans les institutions culturelles, dans les fondations philanthropiques. Elle se pose à chaque génération qui hérite d’une histoire et doit décider ce qu’elle en fait, ce qu’elle garde, ce qu’elle transforme, ce qu’elle passe à ceux qui viennent après elle.

Ce que l’épisode met en lumière, c’est la complexité vivante de cette transmission. Transmettre la mémoire, ce n’est pas simplement répéter les faits, c’est leur donner un sens qui parle au présent. C’est faire en sorte que ce qui s’est passé continue d’interpeller, de questionner, d’engager.

La philosophie apportée par Dan Arbib enrichit cette réflexion d’une dimension supplémentaire : qu’est-ce que cela signifie, exactement, d’hériter ? Quel est le rapport entre mémoire individuelle et mémoire collective ? Et comment une communauté construit-elle son identité à partir de ce qu’elle se rappelle et de ce qu’elle choisit de transmettre ?

Ces questions ne trouvent bien sûr pas de réponses définitives dans l’échange. Elles trouvent quelque chose de plus précieux : un espace où elles peuvent être posées sérieusement, entre des personnes qui les ont faites leurs depuis des années.

Écoutez, réfléchissez, transmettez

La mémoire n’attend pas. Elle se construit dans les échanges, dans les émissions, dans les conversations que l’on ose avoir sur ce qui nous constitue et sur ce que l’on veut léguer.

Cet épisode de « FJF Philanthropie » est une invitation à entrer dans cette conversation.

👉 Écoutez l’épisode en replay sur fondationjudaisme.org/medias/emissions-radio

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