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Artistes vidéastes




Yael Bartana


"Inferno"

Née en 1970, Yael Bartana est une artiste israélienne de renommée internationale, utilisant la vidéo, l'installation et la photographie. Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier, notamment au Philadelphia Museum of Art (2016), au Stedelijk Museum, Amsterdam (2014), au Musée de Tel Aviv (2012), à la Biennale de Venise (2011), au Moderna Museet, Stockholm (2010), et au MoMA PS1, New York (2008).
Bartana explore dans ses œuvres l'imagerie de l'identité et la politique de la mémoire."Inferno" (2013) dépeint l'inauguration du Troisième Temple à Sao Paolo, sa destruction et la vénération de ses ruines – un nouveau Mur des Lamentations. Le Troisième Temple de Salomon, une réplique du Temple de Jérusalem, fut fondé en 2014 par l'Eglise Universelle du Royaume de Dieu, une église néo-pentecôtiste brésilienne comptant aujourd'hui des millions d'adeptes dans le monde. Le film s'ouvre sur le spectacle surréaliste d'hélicoptères important de la Terre Sainte des reliques du Premier Temple, tandis que les fidèles, nouveaux pèlerins, affluent dans une marche festive vers le Temple. A cette vision messianique, succède la vision apocalyptique de la destruction du Temple, comme consumé de l'intérieur par un feu "sacré". A travers une esthétique spectaculaire, "Inferno" entremêle fiction et réalité, mémoire et prophétie, préfigurant la destruction du Temple et rejouant ainsi l'histoire – une histoire oscillant entre le passé et un futur inéluctable.


Tamy Ben-Tor


"Yid"
Née en 1975, Tamy Ben-Tor est une artiste israélienne vivant à New York, dont le travail artistique utilise la performance, la vidéo ou la photographie. Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier, notamment dans le cadre d'expositions individuelles a la galerie Zach Feuer, New York (2012), au Kunsthalle Wintertur (2008), et au Moderna Museet, Stockholm(2007); et lors d'expositions collectives au Centre Pompidou, Paris (2015), au Musée de Tel Aviv (2009), et au PS1 MoMA, New York (2005).
Par le moyen de simples artifices, de gestuelles, de mimiques, et d'un maniement des langues, Ben Tor met en scène dans ses œuvres un théâtre d'identités, se travestissant en une série de personnages satiriques, tout en reliant le burlesque, le grotesque et l'abject. Privés de la faculté d'auto-réfection et emprisonnés dans leur système idéologique, ses personnages sont possédés d'une même urgence: se faire entendre. Dans "Yid" (2012), Ben-Tor personnifie un intellectuel juif, auteur d'un livre intitulé "Juif, maintiens un profil bas!", qui tient un discours pamphlétaire sur la condition juive, l'état d'Israël et la Shoah, son apparence loufoque et caricaturale contribuant à éveiller un malaise.
Ben-Tor, petite-fille de rescapés, appartient à une génération d'artistes qui - contrairement aux artistes mélancoliques de la "seconde génération", vivant dans un monde peuplé de silence, de trous noirs et de tabous - incarne l'abject pour mieux lui faire face, transgressant le silence et les interdits dans un élan infantile et provocateur.


Alain Fleischer



"Images de la violence comme culture - un montage d'Alain Fleischer"
Alain Fleischer est cinéaste, photographe, plasticien et écrivain.


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Gérard Fromanger


"bleu Blanc Rouge"

Né en 1939, Gérard Fromanger est un peintre français associé au mouvement artistique des années 60 "Figuration narrative", utilisant aussi une variété de médiums comme le collage, la sculpture, la photographie et le cinéma. Ses œuvres ont été exposées au Centre Pompidou, Paris (2016(, au Tate Modern, Londres (2015), au Musée d'Art Moderne de Rio de Janeiro (MAMJR) )2009(, au Musée National d'Histoire et d'Art au Luxembourg )2006(, et au MAMCO, Genève, (2003).
Fromanger, à la fois peintre politique et formaliste, représente les mutations de la société a travers une recherche soucieuse de l'utilisation de la couleur. Autour des événements de Mai 68, le peintre réalisa, en collaboration avec Jean-Luc Godard, Film-Tract n°1968, qui s'ouvre sur son titre grossièrement peint en caractères rouges sur la une du journal Le Monde, tel un commentaire soulignant l'état d'urgence de la France en cette même année. Le film recrée la célèbre peinture de Fromanger, Le Rouge, tandis qu'une épaisse flaque de couleur rouge recouvrant d'abord l'intégralité du plan, s'anime lentement, et telle une force impérieuse, grandissante, devient progressivement une rivière de sang aux bras multiples qui se déploient et empiètent sur les couleurs blanc et bleu du drapeau français. Le mouvement organique et irrépressible de la couleur, accompagné et cadré par le mouvement de la caméra, ajoute une dimension narrative, évoquant l'invasion de l'idéologie maoïste et le surgissement de la révolution qui s'étend peu à peu à l'ensemble de la nation.


Sigalit Landau


"Barbed hula"

Née en 1969, Sigalit Landau est une artiste israélienne de renommée internationale, qui utilise dans ses œuvres une variété de médiums - la sculpture, la vidéo et l'installation. Landau a représenté Israël à deux reprises à la Biennale de Venise, lors d'une exposition collective en 1997, puis d'une exposition personnelle en 2011. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions et musées, notamment à la documenta X en 1997, au MoMA de New York en 2008, ainsi que dans le cadre d'une rétrospective au Musée d'art contemporain de Barcelone )MACBA( en 2014.
Nombre de ses vidéos traite des thèmes du corps, de la douleur et de la destruction, utilisant souvent une structure circulaire. Dans la vidéo "Barbed Hula" )2000), l'artiste apparaît sur une plage située entre Tel Aviv et Jaffa, alors que son corps dénudé, privé de visage, entame une danse au cerceau, répétant à l'infini un mouvement circulaire, lent et monotone. Cette vision esthétique bascule dans le tragique tandis que le cerceau fait de fils de fer barbelé, entaille la chair du bassin et que ses mouvements répétitifs et indifférents y impriment des blessures toujours renouvelées. La danse profane devient ainsi une danse "sacrée", extatique, s'apparentant à un acte de flagellation, d'auto-sacrifice.
Cette performance revêt également une dimension socio-politique, faisant allusion aux frontières entre Israël et la Palestine, zones de conflits symbolisées ici par le fil de fer barbelé. Celui-ci écorche le corps de l'artiste devenu corps social, il meurtrit la peau, fine lisière entre l'intérieur et l'extérieur, tandis que ce spectacle prend place sur le bord de mer – seule frontière naturelle connaissant le calme et la sérénité en Israël


Nira Pereg


"Abraham Abraham - Sarah Sarah"

Née en 1969, Nira Pereg est une artiste vidéaste israélienne, dont les œuvres ont largement été exposées, notamment à Art Basel (2015), au Neuer Berliner Kunstverein (n.b.k.) à Berlin (2010(, au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris (2014), et au MoMa PS1 à New York (2005). En 2010, le prix d'art israélien de la Fondation Nathan Gottesdiener lui a été remis, à l'occasion duquel Pereg a présenté une exposition individuelle au Musée de Tel Aviv.
Pereg s'intéresse ces dernières années, à différents rituels religieux et sociaux, isolant leurs dispositifs de préparation. "Sarah Sarah Abraham Abraham" (2012), une installation composée de deux séquences vidéo symétriques, à l'image inverse l'une de l'autre, met en scène la chorégraphie d'échange des lieux de prières juifs et musulmans au Tombeau des Patriarches. Ce lieu saint pour le judaïsme comme pour l'islam fut divisé en deux espaces de prière de différente taille, suite au massacre de Baruch Goldstein. Néanmoins, certains jours de l'an, à l'approche des fêtes religieuses, la propriété du tombeau change de main sous contrôle militaire, et en quelques heures la synagogue devient mosquée et inversement. L'agencement comme détail accessoire, préalable au rituel, s'érige ici en événement majeur, visuel et auditif. La caméra suit les mouvements des fidèles juifs et musulmans tandis que les artefacts religieux se substituent: les uns déplacent les tapis de prière, les autres dénudent les murs, ôtant les tableaux et les parures de l'Arche Sainte. Ces déménagements temporaires n'attestent pas d'une coexistence religieuse, mais au contraire reflètent l'intolérance. La bande-son met ainsi sous silence les voix humaines et laisse place au langage universel des objets, au son des portes tour à tour ouvertes puis scellées, des tapis caressant le sol, des chaises et des cloisons déplacées.


Mika Rottenberg


"Squeeze"

Née en 1976 à Buenos Aires et vivant à New York, Mika Rottenberg est une artiste conjuguant la vidéo, l'installation et la photographie. Ses œuvres ont été exposées dans le cadre d'expositions individuelles et collectives, au Palais de Tokyo, Paris (2016), à la Biennale de Venise (2015), à la Performa 11, New York (2011), au San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco )2010), au KW Institute for Contemporary Art, Berlin (2006) et au PS1 MoMA, New York (2004).
"Squeeze" (2010) met en scène une micro-usine mondialisée, à l'architecture mouvante et oppressante, dans laquelle se déroule un travail à la chaîne méticuleusement agencé – des ouvrières œuvrant à la compression de feuilles de salade, de bouts de caoutchouc et de fards à joue. Au centre de ce microcosme, une forte femme trône sur une plateforme pivotante, tel un bouddha, alors que sa concentration mentale semble produire une énergie qui se matérialise, activant toute la chaîne de production. Dans ce théâtre surréaliste aux espaces condensés, le corps lui-même devient objet, tandis que les bras désincarnés de récolteuses mexicaines sont entretenus par des masseuses asiatiques, qui veillent à les maintenir hydratés. Les aires géographiques et les différents secteurs d'activité sont comprimés, et forment un réseau d'espaces dynamiques et interconnectés, contribuant à la création d'un objet demeurant absent. A travers l'orchestration d'un agglomérat absurde d'espaces, de matériaux et de corps, qui forme un système à la logique déconcertante, "Squeeze" propose une parodie des processus de production de biens dans une économie mondialisée.
Pour assister à l'événement
l'enregistrement préalable est obligatoire,
conformément aux dispositions du plan Vigipirate
et aux mesures de sécurité du CESE.
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